C'était donc mon plus gros tracas de ce mois d'avril, ma hantise, ce qui me gâchait la vie depuis des jours et des semaines...

tadaaaaaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmmmm!

L'extraction de deux dents de sagesse!

comment ça, c'est tout?

Vous ne me connaissez pas, alors, car sinon vous sauriez qu'au nombre de mes phobies toutes plus nombreuses et inavouables les unes que les autres, il y a celle du dentiste!

L'odeur du cabinet de cette catégorie de médecins me donne des sueurs froides, la vue d'un fauteuil incliné me fait frissonner, et je tourne de l'oeil rien qu'à l'idée qu'on puisse toucher à une seule de  mes dents!

C'est pourquoi, lorsque un de ces tortionnaires, enfin de ces praticiens, vu à Lyon pendant les vacances de février, m'a benoîtement annoncé que mes dents de sagesse, côté droit, faisaient n'importe quoi, uniquement pour me contrarier il faut croire, puisqu'en plus elles ne servent à rien,  je me suis assise avant d'examiner la radio qu'il tenait absolument, preuve à l'appui, à me montrer, pour bien insister sur le caractère urgent et malheureusement inévitable d'une intervention...

Je n'entrerai pas dans les détails de ce qu'il a pointé du doigt, il y a peut-être des âmes sensibles derrière l'écran, mais je pense que, comme le figurant qui mesure le peu de cas que l'on fait de lui en apparaissant une demi-seconde dans un film de 2h30 (dans un plan où on ne verra que ses pieds en plus, hein frérot?) les dents bien mal nommées de "sagesse" souffrent sûrement d'un manque tragique de reconnaissance: Ainsi, les miennes ont certainement voulu me prouver qu'avant de disparaître de la circulation après avoir à peine eu le loisir de pousser, elles se feraient remarquer et m'en feraient baver le temps de leur courte vie!

Enfin les voilà parties, me laissant en guise de souvenir une joue de la taille d'un melon et une douleur lancinante...

Bref, avant-hier, la douillette que je suis a été servie. Je ne vous raconterai pas non plus en détail les 40 minutes les plus "gore" de mon existence...j'aurais juste préféré être aveugle et sourde pendant ce laps de temps...

A vrai dire j'ai déjà vécu plus affreux en terme de "complication médicale", pour parler pudiquement, vu l'air décomposé de l'interne et de l'infirmière qui m'ont accueillie et examinée en urgence à l'hôpital en février 2003, mais ce jour-là je ne voyais rien et étais déjà à moitié évanouie :-D...

Car le problème avec une opération située au niveau du visage, c'est qu'on en prend plein les yeux (au propre comme au figuré, je ne développerai pas) et les oreilles...

C'est quand même pas de chance d'éviter soigneusement, par sensiblerie exacerbée à la violence, fût-elle fictive, tous les films du genre "Massacre à la tronçonneuse" pour finir par jouer le rôle principal en vrai (sauf que je ne suis pas morte à la fin).

L'intervention était censée durer moins longtemps, mais étant donné mon pitoyable état de nerfs, l'équarrisseur, je veux dire le dentiste, s'est arrêté au moins à deux reprises avant que mon coeur ne lâche et que je ne lacère les mains de la douce Irène, son assistante*!

En revanche, je me sentais tellement bien après l'intervention que suis rentrée chez moi en bus, ravie et soulagée de ne pas avoir mal...je n'avais pas compris que les 30 litres d'anesthésiant qu'on m'avait injectés faisaient encore effet!

...

Pour l'heure, je me demande s'il est possible que ma joue diminue de volume d'ici jeudi, afin de ne pas subir les remarques candides et désobligeantes de mes élèves.

j'aurais besoin de descendre au coin de la rue m'acheter de la purée chez monsieur pic..., le roi du surgelé, mais je suis tellement défigurée que je n'envisage pas d'y aller autrement que la tête cachée sous un drap, comme l'infortuné John Merrick.


elephant_man_1980_reference

Sans blague, je fais même peur à mes filles.

*Si, au passage, vous êtes aussi chochotte que moi (du genre à demander une anesthésie générale pour un détartrage!) et désirez le nom d'un bon stomatologue, je suis toute prête à faire de la publicité à cette charmante équipe!

D'ailleurs je les ai discrètement pris en photo avant de repartir:

ross_hathaway

"Ca va Irène, la patiente n'a pas été trop coriace?

-Non docteur, je vais m'en remettre, mais j'ai eu chaud quand elle a essayé de me briser les poignets pendant que je lui tenais la tête! Pffffiouuu!"

...

Je sens bien que vous êtes sceptiques pour la photo mais que voulez-vous, c'est le principe de la publicité, elle est parfois mensongère!