Youhouuuuu, y a quelqu'un?

Bon, je sais, plus de deux mois sans rien écrire, ce n'est pas très sérieux, d'autant que les derniers billets avaient été plus que, euh, sporadiques, dirons-nous gentiment!

Mais que voulez-vous, une fin d'année placée sous le signe de la torture dentaire (car après le 1er épisode, il y en a eu un autre, tellement plus épouvantable que pour rien au monde je ne le décrirai ici, d'ailleurs, c'est simple, j'essaie d'occulter, de ne plus y penser, sinon je m'évanouis!) suivie de vacances dignes de ce nom (c'est-à-dire pendant lesquelles j'oublie que j'ai aussi une vie quotidienne placée sous le signe des contraintes domestiques-ménagères-professionnelles et ne me préoccupe plus que de la régularité de mon bronzage -mais pourquoi mes bras sont-ils toujours plus hâlés que mes jambes?- et du choix de mon Xème vernis qui se doit d'être assorti à mon sautoir), et l'existence de mon blog m'avait presque échappé!

De toute façon j'étais bien trop occupée à aller regarder ceux des autres grâce à mon nouveau téléphone doté d'un accès internet, mon x*peria 10 de sony-vous-savez-quoi (non je ne ferai pas de publicité mais tout de même, quel outil extraordinaire!)

Toujours est-il que la rentrée approche à grands pas, pour mes kewpies surtout, car en ce qui me concerne, rien, aucune nouvelle d'une possible affectation...peut-être pensez-vous que je devrais me réjouir, où êtes-vous déjà mentalement en train de faire un procès à ces profs remplaçants qui se la coulent douce en attendant qu'on les siffle, mais ce serait bien mal connaître ma malchance: pascale m., la remplaçante à qui l'on trouve toujours "un petit quelque chose à faire" (spéciale dédicace à Mme Lequennoy) et qui reçoit généralement un coup de fil le 31 août lui intimant fermement l'ordre de se présenter le lendemain à 8h tapantes au collège X ("pour l'adresse, débrouillez-vous, vous avez les pages jaunes, non?"). Ou alors à qui l'on dit: "mais il vous manque 1 heure dans votre service, pourquoi n'iriez-vous pas donner un cours de latin le samedi de 12h à 13h? " 

Bref, trève de lamentations, j'aurai bien l'occasion, au cours de l'année, de revenir me plaindre, revenons-en à nos kewpies.

Ca ne rigole plus, exit la maternelle (et croyez-moi, ça me fiche un sacré coup de vieux, plus que mes trente ans -hum- passés, c'est dire) car kewpie n°2 fait son entrée dans le monde des grands, la primaire. Mademoiselle anxieuse a déjà son cartable et la trousse assortie, et me hurle depuis hier que les promotions de rentrée ont commencé chez superHu et qu'il serait temps d'aller lui acheter ses fournitures.

Quant à kewpie n°2, elle a enfin obtenu le sac à dos qu'elle convoitait depuis 6 mois au moins, (c'est vrai que le cartable "sarah qué" offert pour son entrée au CP, pour une CM1 ça l'fait trop pas) et se moque éperdument de ce qui le remplira (en ce qui la concerne, une poignée de coquillages, quelques galets ramassés sur la plage -ainsi que le sable qui va avec- et l'intégrale d'Harry Potter feraient largement l'affaire).

Il est donc temps de se remettre aux devoirs de vacances...

D'après le père des demoiselles, il paraît qu'il faut s'y prendre une semaine avant la rentrée.

Ca tombe bien car les cahiers achetés fin juin ont simplement servi à apaiser notre conscience de parents flemmards pendant ces deux derniers mois, soigneusement rangés dans le sac "à écriture" prévu pour un travail studieux à la base, mais coincés depuis entre 74 dessins des kewpies représentant des "princesses de la mode" (toutes également pourvues de cheveux de 10 m de long mais, en compensation, de tee-shirts ras-le-nombril, le gène du bon goût vestimentaire pourtant possédé par leurs parents étant récessif chez nos filles, il faut croire).

Heureusement qu'elles ont passé une semaine seules chez leur grands-parents maternels, mon exemplaire maman ayant, elle, réussi à maintenir cette austère discipline d'une page de devoir chaque matin (elle a un gène suisse de la rigueur mais on m'a sournoisement refilé le gène corse de mon arrière-grand-père). 

Hier donc, je soumets mes fillettes à quelques pages de torture.

Pour la petite, du graphisme, de la logique et du coloriage, je me contente de lui mettre un joli 10/10 à chaque page réussie et tout le monde est content.

Pour la plus grande, on commence par des maths. Un problème assez compliqué qui m'a demandé plusieurs relectures, juste le temps que mademoiselle je-compte-plus-vite-que-mon-(n)ombre me présente le résultat, additions et soustractions d'une logique implacable et résultat exact.

Je me rengorge.

Ma fille est un génie de l'arithmétique.

Mais pas de l'orthographe (on parlait de gènes récessifs tout à l'heure?)

Bon, je le savais, mais voir le résultat présenté sous la forme " 32 personent vont desandre du car au terminus", ça me pique toujours un peu les yeux, même si j'ai l'habitude avec une moyenne de 1000 copies par an (approximativement, la dite moyenne étant proportionnelle à ma motivation).

Sachant que s'énerver et menacer ma gentille et douce kewpinette de ne plus lui permettre de lecture que le Bescherelle désormais ne fera que la braquer davantage, je lui demande calmement pourquoi elle a mis une terminaison verbale à un mot qui vraisemblablement est un...? un...?

Au lieu de répondre "un nom" ma kewpie n°1 me rétorque en pleurnichant mais avec un certain aplomb cependant "qu'elle l'a déjà vu écrit comme ça dans les livres"... J'ai l'impression d'être catapultée au milieu d'un de mes cours, affrontant la mauvaise foi légendaire de mes élèves sur le mode: "nan mais j'l'avais fait le devoir j'vous jure pourquoi vous disez j'l'ai pas fait mais en fait y'a jessica elle m'a dit j'lui prête et après elle me l'rend mais chai pas il est où j'croyais il était dans mon sac mais en fait..." 

Avec une absence de pédagogie qui ferait regretter aux examinateurs du jury session 1996 de m'avoir donné le CAPES, j'explose en lui demandant si elle se fiche de moi, lui rappelant que je suis "comême" (la version élève de "quand même", que je rencontre régulièrement et avec toujours autant d'étonnement depuis 18 ans) prof de français et qu'elle peut essayer de faire avaler ce genre de couleuvres à d'autres (à qui d'ailleurs?) mais pas à moi.

Finalement les esprits s'apaisent, je finis par obtenir, à force de patience et de douce compréhension (ce n'est qu'un blog, j'ai le droit de mentir, comme les autres, quelle mère -sauf exception- a déjà avoué, sur cette hypocrite blogosphère, être une tortionnaire avec ses enfants?)  le pluriel en "s" tant attendu, mais je ne peux m'empêcher de ricaner devant l'ironie du sort qui fait que ma kewpie n°1, qui parle comme un livre depuis ses 18 mois ("c'est normal, avec une mère professeur de français", combien de fois ai-je entendu cette phrase, flatteuse pour moi certes, mais ô combien fausse!), dévore les livres avec une moyenne de deux par semaine ("c'est normal, avec une mère professeur de français"), est surnommée "le dictionnaire de la classe" par son institutrice tant elle sait de choses et les explique avec un vocabulaire aussi riche que pertinent ( "c'est normal...etc") ma kewpie donc, va devoir faire, au mois de septembre, un bilan orthophonique ("ah bon, c'est bizarre, avec une mère qui a failli devenir orthophoniste?" -je parlerai une autre fois, peut-être, de cette réorientation professionnelle dont je rêvais et qui n'a pu se faire-).

Et je me revois, jeune enseignante pétrie de convictions et d'a priori, conseillant à des parents démunis et effarés devant le gouffre dysorthographique dans lequel se débat leur enfant, de l'obliger à lire plus, car, c'est bien connu, les enfants nuls en orthographe sont soit étourdis, soit je m'en foutiste, soit détestent lire...

Maintenant, lorsqu'on me demande quoi faire, je demande aux gens de chercher...et de m'apporter la solution, s'ils la trouvent!