Oui, oui, je sais, la cadence de ce blog donne à certain(e)s des inquiétudes, mais rassurez-vous, ce n'est pas du tout mauvais signe, au contraire: Qui a dit que les blogueurs (euses) assidu(e)s étaient des gens équilibrés qui n'écrivaient que pour le plaisir de faire partager leur rayonnant bonheur? (pas moi en tout cas).

Donc, si l'on est logique, moins l'on écrit, mieux l'on va, et lycée de versailles (ça, c'est pour faire plaisir à ma mère :-D) 

Il est néanmoins vrai que les quelques blogueuses à la plume acérée et/ou à l'inspiration débordante et/ou à la créativité impressionnante que je me fais une joie de lire régulièrement, pour tourmentées qu'elles soient, sont également extrêmement intelligentes, voire brillantes. Il y a parfois un prix à payer pour le génie! 

Je me suis fait une raison, je ne suis pas de celles-là: on ne me trouvera donc ni au rayon des écrivains prolifiques ni à celui des artistes ultra-créatives (bien que je me rengorge encore de ce magnifique calendrier de l'avent "home-made" avec du papier canson qui n'a pu tenir jusqu'au 24 décembre sans laisser s'enfuir les babioles qu'il contenait qu'à grand renfort de "masking tape" -le scotch miracle des feignasses comme moi- et, probablement, grâce à un heureux hasard).

Je me contenterai, en ce début d'année plutôt tranquille, de vous faire part de ce qui m'a agacée aujourd'hui dans ce merveilleux magazine féminin que je m'étais pourtant promis de ne plus acheter. Mais bon, il y avait un horoscope vraiment instructif (que mange la Balance?) et un article tellement accrocheur (comment j'ai résisté aux soldes?) que je n'ai pas pu résister. 

Pour l'instant, je dois avouer que je ne l'ai que feuilleté. J'ai lu en diagonale l'interview de Cameron Diaz dans lequel j'ai appris qu'elle avait 38 ans (déjà?) mais qu'évidemment ça ne lui fait ni chaud ni froid, tellement elle est la "queen of cool" (encore une expression, après "trendytude " et "preppyser" à ajouter à mon lexique du grand-n'import'américano-quoi ). Elle est donc restée la grande fille toute simple qu'on a tant aimée dans "Mary à tout prix", avec ses jambes de 30 m mais sa peau post-pubère légèrement luisante et son charmant nez un peu épaté...  

c'est d'ailleurs sûrement pour préserver cette fraîcheur et ce naturel que sur les photos ils l'ont rajeunie de 10 ans, lui ont affiné le nez de 3 cm et l'ont smoky-eyesée à mort, afin qu'on ne voie plus que deux prunelles félines, des pommettes ultra-saillantes, comme celles de...n'importe quelle beauté sur papier glacé en fait. Et bien sûr, en pages centrales, elle est toute de blanc vêtue, dans je ne sais quel désert hostile, fraîche comme la rosée du matin, mais pour accentuer le côté "wild", elle a volé la moto des ZZTops et porte des boots crottées de terre rouge ...

Cette débauche d'hypocrites artifices n'est qu'un détail, je suis sûre que la demoiselle est charmante.

En tout cas elle m'est a priori plus sympathique que la dame Guetta, qui nous confie ses "bons plans" beauté.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi "bon plan" ça évoque un truc pas cher, ou qui du moins permet de faire de substantielles économies. Moi, par exemple, qui aux dires de mes proches, suis la reine du "bon plan" (à défaut d'être la reine du tricot ou la blogueuse la plus productive de ces trois dernières années) je vous dirais que les fromages A.O.C et le saumon d'Ecosse de chez ED sont excellents, qu'à Barbès il y a un magasin de chaussures dégriffées qui "chiquiseraient" la tenue la plus banale, que je n'achète mes tee-shirts petitbat' que chez Sympa, à 5 euros maxi (de toute façon, vu la qualité depuis 10 ans, ça ne mérite pas plus).

Eh bien Cathy, elle, vous conseillera d'aller à l'institut Carlotta, sis avenue Hoche, où l'on croise Carla B-S herself...Je ne suis pas convaincue que passer un dixième de mon salaire en un quart d'heure de nettoyage de peau soit ma conception du "bon plan"...Oh, que je suis mauvaise langue! je n'avais pas lu la suite: car la femme du clubbeur fou précise qu'on y croise aussi "la petite nana de passage qui vient se faire faire les ongles"...sûrement après une razzia de tee-shirts chez Sympa et avant de faire ses courses chez ED... 

Sinon, en vrac, vous apprendrez dans ce numéro:

-que vous pouvez créer votre propre fragrance et gagner en originalité (enfin jusqu'à ce que toutes les lectrices de ELLE, ce qui fait pas mal de monde, aient tenté la même chose que  vous) en utilisant deux parfums au lieu d'un. En gros, vous dépenserez deux fois 70 euros, en moyenne, pour bénéficier de ce sillage enivrant et unique (avec les limites évoquées plus haut). Moi, j'ai de la chance, on me conseille de mixer mon Shal*m*r adoré avec un truc plus cheap d'Yves Roch*r, sûrement pour me punir d'être toujours accro au grand nom désormais marqué du sceau d'infâmie. D'ailleurs, ils n'ont pas dû le faire exprès à la rédaction, ils ont écrit que le mélange donnait un "mix très made in France"...

-qu'on ne parle plus de gilet oversize, encore moins de gilet long (pourquoi diable utiliser un bête mot simple et plein de sens?) mais de "coatigan". Si vous êtes Jennifer Aniston, que vous portez votre maille informe (mais "twistée" par ce néologisme) avec un jean et un tee-shirt, vous serez "so cool". Si vous faites partie du commun des mortels, vous serez...euh...banale? Si, en plus vous cumulez le handicap de la surcharge pondérale avec celui de l'anonymat (ce qui fait pas mal de monde, même chez les lectrices de ELLE) vous aurez l'air d'un sac.

- que l'autre Jennifer (Lopez) distinguée comme jamais avec sa bouche nacrée et sa robe courte à paillettes dorées, "parfait sa r'n'b credibility" avec deux bracelets assortis, mais qu'elle ne "surcharge pas" avec un collier...De là à clamer qu'elle serait la nouvelle prêtresse du bon goût et de la classe discrète, il n'y a qu'un pas, que personnellement je ne suis pas près de franchir...

-que Sarah Lavoine fait sa Valérie Damidot, mais version upper-class, forcément. Elle relooke donc un appartement parisien à grand renfort de couleurs issues de la gamme qu'elle a créée, bien sûr, on n'est jamais si bien servi que par soi-même. J'ai d'ailleurs compté pas moins de 6 coloris différents: soit c'est vraiment son truc de "casser" une tonalité avec une autre bande de couleur dans la même pièce, et on voit bien qu'elle n'est pas migraineuse, soit elle tenait à montrer toute l'étendue chromatique de sa peinture. Enfin je ne sais pas qui arriverait à fermer l'oeil dans la chambre qu'elle a "réchauffée", car entre le bleu dur des murs, le rose des draps, le turquoise du tapis et l'étrange imprimé des rideaux, j'en arriverais presque à demander à madame M6 d'intervenir pour recouvrir tout ça de gris et de prune, sans blague.

Avec tout ça, je n'ai même pas pris la peine de lire la critique littéraire et cinéma. Et après je vais me plaindre d'être prise pour une dinde...