2 kewpies à paris

03 juillet 2013

L'école buissonnière

 

La fin de l'année signe la désertion des classes. Quelques élèves, désoeuvrés, traînent dans les couloirs désormais silencieux, tandis que les enseignants, non moins désemparés, cherchent désespérément à les occuper....nous sommes début juillet, c'est normal, pas de quoi fouetter Vincent Peillon un chat.

Sauf que.

absence 5ème6

Si l'on regarde attentivement le tableau récapitulatif des absences sur l'année, qui concerne une classe de 5ème lambda, que constate-t-on?

Que certains n'ont pas attendu la fin du mois de juin, ni même le début du troisième trimestre, ni même les premiers mois de l'année scolaire, pour faire "l'école buissonnière" (jolie expression légèrement tombée en désuétude, consistant pour mes élèves à traîner chez soi devant "les anges de la télé-réalité" ou face à l'ordi à échanger avec des copains de réseau des conversations aussi passionnantes que "wsh sa va tu fai koi? moi jbouf du kfc devan lordi trkl, lol!").

J'insiste  lourdement sur le fait qu'on parle là de gamins de 12/13 ans. Je précise également que sur ces nombreuses absences, moins de 10% sont justifiées par les parents, et que, lorsqu'elles le sont, on a droit dans le meilleur des cas à un mot dans le carnet (parents hyper concernés) mais la plupart du temps à une vague réponse lorsque le CPE a passé 10 coups de fil ("oui, il/elle était absent(e), on devait aller quelque part...").

Quant au certificat médical, c'est une sorte de sainte relique que l'on n'aperçoit que rarement, si rarement qu'on finit par ne pas le reconnaître lorsqu'un élève consciencieux nous en tend un sous le nez. "mais c'est quoi ce truc? qu'est-ce que tu veux que j'en fasse? c'est illisible en plus! c'est ton? CERTIFICAT MEDICAL? non, sans blague? c'est un vrai? signé par un médecin? trop stylééééééééé!"

Il m'est arrivé, dans mes moments de ras-le-bol suprême, d'envoyer moi-même un sms énervé aux familles, lorsque des élèves séchaient impunément un de mes cours en se barrant du collège pendant la récré. J'ai parfois eu des réponses, certains parents me remerciant (j'en ferais autant si un prof me prévenait que ma collègienne de 12 ans se balade dans la "nature" alors qu'elle est censée être sagement assise en classe) (surtout si elle fait déjà 1m70, a de la poitrine, un mini-short et un tee-shirt en dentelle comme certaines de nos élèves), d'autres, sans aucune vergogne, me balançant un gros bobard (le coup du "ah il/elle s'est trompé(e), il/elle pensait finir à 15h30 aujourd'hui" restant dans les annales du grand classique. En parlant d'an(n)ales, t'as pas du tout l'impression qu'on essaie de t'entuber te faire prendre des vessies pour des lanternes quand on te sert cette excuse au mois de FEVRIER, genre fais-moi croire que ton gamin n'a toujours pas intégré que tous les jeudis il a cours jusqu'à 16h30.)

Ce qui me fait penser que ces parents-là font montre d'une complaisance extraordinaire vis-à-vis des absences de leur rejeton. Ils sont au courant (on dispose de tout un tas de moyens pour les tenir informés quasiment minute par minute) mais préfèrent fermer les yeux. Pourquoi? j'aimerais bien le savoir.

Que penser d'un enfant, à peine ado, et sûrement pas encore assez mûr et responsable, qui sèche allègrement certains de ses cours dès le mois d'octobre? quelle place accorde-t-il à l'école? et ses parents, comment peuvent-ils penser qu'il va réussir une scolarité en dents de scie, où la moindre contrainte n'existe pas, où le rythme scolaire et la continuité de l'apprentissage sont considérés comme facultatifs?  

Si je pousse aujourd'hui ce grand cri de désespoir (AAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH, voilà) c'est que je suis inquiète. Inquiète de voir qu'un enfant ne juge pas nécessaire d'aller à l'école, et que ses parents non plus. Ou en tout cas pas assez pour l'y obliger.

Je ne tiens pas à incarner cette espèce d'autorité respectable et respectée qu'était l'enseignant d'une autre époque, je n'ai pas décidé d'être prof pour pouvoir "me venger", "briser des rêves" "faire rentrer de force un enfant dans un moule" ou que sais-je encore, c'est même tout le contraire. En revanche, je ne veux pas qu'on me rende responsable de "l'échec scolaire" d'un enfant dont les parents n'assument pas leur rôle éducatif. Je ne suis pas la médaille miraculeuse, et je ne PEUX pas me substituer à l'éducateur premier, initial, fondateur, qu'est le parent (ou le tuteur, ou le représentant légal).

Moi aussi je suis parent, et oui, d'accord, c'est pas tous les jours marrant (quoiqu'en toute franchise, pour l'instant du moins, je n'aie pas trop à me plaindre de ma progéniture) (même si je ne suis pas sûre de me remettre du "tu m'éneeeeeerves!!!" de ma collégienne partie ce matin en claquant la porte) (bouhouhou, où est mon bébé?) (bref) mais JUSTEMENT, on se doit de donner le meilleur à ses enfants, alors pourquoi compromettre leur chance dès le collège en les autorisant à faire tout et n'importe quoi?

 

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29 mars 2012

Dix plus un

Onze ans, et ça y est, l'adolescence pointe le bout de son nez...

Ma lunaire devient secrète, ma grande fille est presque une jeune fille, toujours charmante, délicieuse, gentille, toujours un pied dans l'enfance, mais l'autre sur la rive du monde des presque collégiens, de ceux qui ne disent plus tout à leurs parents, lèvent parfois les yeux au ciel et dansent en cachette dans leur chambre.

Cette année sera celle des grands changements, de l'adieu à l'école primaire, des nouveaux choix, des nouveaux amis...

 Puisses-tu l'aborder avec la bonne humeur et la joie de vivre qui te caractérisent, mon oiseau chanteur!


raphoularose


 

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06 mars 2012

after eight

La petite fille disparaît, laissant place à la grande fille dont les goûts s'affirment: Lire, bricoler, construire...t'occupe désormais des heures entières, jusqu'à ce que cette énergie encore mal canalisée parfois te donne envie de tout envoyer valser ou de grimper sur ta trottinette pour filer à toute allure... 

Le souci de bien faire, la sensibilité, l'empathie, qualités précieuses, luttent encore avec quelques défauts, colère, susceptibilité, entêtement...

Tu grandis avec cette ambivalence qui a toujours été la tienne, mais tu restes - heureusement! -encore un peu notre bébé..


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29 septembre 2011

sweet september

Bon, finalement, tous les 6 mois, c'est bien aussi, non?

Etant donné que mes derniers billets se limitaient à des souhaits d'anniversaire, pourquoi ne pas continuer avec le mien?

Je me souhaite donc plein de bonnes choses en cette 42ème année et en ce redoux de septembre, à commencer par être capable de mener à terme les objectifs que je me suis fixés. il n'y en a que deux à l'ordre du jour, à vrai dire, mais j'ai l'ambition modeste. Et le temps libre étant un luxe incomparable, hors de question de me priver de ce petit privilège de fonctionnaire en envisageant pléthore de projets.

La culpabilisation de l'enseignant ne passera pas par moi, inutile d'essayer donc :-)

je reviens dès que j'ai des anecdotes amusantes ou des histoires fascinantes à vous narrer...

 


 

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29 mars 2011

Ten years after

Il y a dix ans, un bébé aux grands yeux bleus et au nez minuscule faisait son apparition, l'air étonné et vaguement mécontent d'avoir ainsi été arraché à sa planète.

Dix ans après, tu sembles toujours venue d'ailleurs, tant ta gentillesse, ton imagination et ta candeur intactes font de toi la fillette que tu es, rêvant d'un monde ou les méchants n'existent pas et où les amis le sont pour la vie...

Garde cette fraîcheur enfantine le plus longtemps possible, comme tu as gardé tes beaux yeux étonnés et ton nez minuscule, ma grande chérie! 

 

rapha2903modif

 


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17 mars 2011

A foreign place

Juste parce que j'aime ce groupe, et le nom de ce morceau, qui m'a toujours fait rêver de contrées lointaines...aujourd'hui, cette musique a une résonnance particulièrement mélancolique.


 
Edit du 18/03: et comme il ne sert à rien de se lamenter, fût-ce sur de la belle musique, je vous incite à aller voir les très belles oeuvres d'art de talentueux artistes ici . Elles seront mises en vente aux enchères très prochainement, au profit d'une association d'aide aux victimes japonaises
L'illustration que j'ai choisie (de vous présenter, pas sûr que je puisse l'acheter!) et que je trouve aussi sobre que poétique, vient de là.  
 
Fukushima
 
 
 

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06 mars 2011

Light and Shadow

Voici 7 ans que tu nous fais naviguer entre ombre et lumière, au gré de tes humeurs toujours changeantes...qui croirait que derrière la petite fille sage et timide, poupée à la peau de porcelaine et à l'oeil du bleu le plus pur, se cache aussi un tyran miniature, dont l'orgueil et le souci de perfection ne souffrent aucune contrariété?

La façade lisse et calme que tu présentes à l'extérieur se lézarde quelquefois dans l'intimité, laissant exploser ce trop-plein d'émotions dont nous ne parvenons pas toujours à déterminer l'origine, mais qui est ta marque de fabrique depuis que tu es venue au monde...

7 ans, ce n'est peut-être pas encore assez pour atteindre ce fameux âge de raison qui t'apportera un peu plus de sérénité, imprévisible et charmante petite fille!


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15 janvier 2011

Un jour sur terre

Une petite berceuse pour Gaïa, née le 13 janvier 2011...


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04 janvier 2011

Oops! Idid it again...

Oui, oui, je sais, la cadence de ce blog donne à certain(e)s des inquiétudes, mais rassurez-vous, ce n'est pas du tout mauvais signe, au contraire: Qui a dit que les blogueurs (euses) assidu(e)s étaient des gens équilibrés qui n'écrivaient que pour le plaisir de faire partager leur rayonnant bonheur? (pas moi en tout cas).

Donc, si l'on est logique, moins l'on écrit, mieux l'on va, et lycée de versailles (ça, c'est pour faire plaisir à ma mère :-D) 

Il est néanmoins vrai que les quelques blogueuses à la plume acérée et/ou à l'inspiration débordante et/ou à la créativité impressionnante que je me fais une joie de lire régulièrement, pour tourmentées qu'elles soient, sont également extrêmement intelligentes, voire brillantes. Il y a parfois un prix à payer pour le génie! 

Je me suis fait une raison, je ne suis pas de celles-là: on ne me trouvera donc ni au rayon des écrivains prolifiques ni à celui des artistes ultra-créatives (bien que je me rengorge encore de ce magnifique calendrier de l'avent "home-made" avec du papier canson qui n'a pu tenir jusqu'au 24 décembre sans laisser s'enfuir les babioles qu'il contenait qu'à grand renfort de "masking tape" -le scotch miracle des feignasses comme moi- et, probablement, grâce à un heureux hasard).

Je me contenterai, en ce début d'année plutôt tranquille, de vous faire part de ce qui m'a agacée aujourd'hui dans ce merveilleux magazine féminin que je m'étais pourtant promis de ne plus acheter. Mais bon, il y avait un horoscope vraiment instructif (que mange la Balance?) et un article tellement accrocheur (comment j'ai résisté aux soldes?) que je n'ai pas pu résister. 

Pour l'instant, je dois avouer que je ne l'ai que feuilleté. J'ai lu en diagonale l'interview de Cameron Diaz dans lequel j'ai appris qu'elle avait 38 ans (déjà?) mais qu'évidemment ça ne lui fait ni chaud ni froid, tellement elle est la "queen of cool" (encore une expression, après "trendytude " et "preppyser" à ajouter à mon lexique du grand-n'import'américano-quoi ). Elle est donc restée la grande fille toute simple qu'on a tant aimée dans "Mary à tout prix", avec ses jambes de 30 m mais sa peau post-pubère légèrement luisante et son charmant nez un peu épaté...  

c'est d'ailleurs sûrement pour préserver cette fraîcheur et ce naturel que sur les photos ils l'ont rajeunie de 10 ans, lui ont affiné le nez de 3 cm et l'ont smoky-eyesée à mort, afin qu'on ne voie plus que deux prunelles félines, des pommettes ultra-saillantes, comme celles de...n'importe quelle beauté sur papier glacé en fait. Et bien sûr, en pages centrales, elle est toute de blanc vêtue, dans je ne sais quel désert hostile, fraîche comme la rosée du matin, mais pour accentuer le côté "wild", elle a volé la moto des ZZTops et porte des boots crottées de terre rouge ...

Cette débauche d'hypocrites artifices n'est qu'un détail, je suis sûre que la demoiselle est charmante.

En tout cas elle m'est a priori plus sympathique que la dame Guetta, qui nous confie ses "bons plans" beauté.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi "bon plan" ça évoque un truc pas cher, ou qui du moins permet de faire de substantielles économies. Moi, par exemple, qui aux dires de mes proches, suis la reine du "bon plan" (à défaut d'être la reine du tricot ou la blogueuse la plus productive de ces trois dernières années) je vous dirais que les fromages A.O.C et le saumon d'Ecosse de chez ED sont excellents, qu'à Barbès il y a un magasin de chaussures dégriffées qui "chiquiseraient" la tenue la plus banale, que je n'achète mes tee-shirts petitbat' que chez Sympa, à 5 euros maxi (de toute façon, vu la qualité depuis 10 ans, ça ne mérite pas plus).

Eh bien Cathy, elle, vous conseillera d'aller à l'institut Carlotta, sis avenue Hoche, où l'on croise Carla B-S herself...Je ne suis pas convaincue que passer un dixième de mon salaire en un quart d'heure de nettoyage de peau soit ma conception du "bon plan"...Oh, que je suis mauvaise langue! je n'avais pas lu la suite: car la femme du clubbeur fou précise qu'on y croise aussi "la petite nana de passage qui vient se faire faire les ongles"...sûrement après une razzia de tee-shirts chez Sympa et avant de faire ses courses chez ED... 

Sinon, en vrac, vous apprendrez dans ce numéro:

-que vous pouvez créer votre propre fragrance et gagner en originalité (enfin jusqu'à ce que toutes les lectrices de ELLE, ce qui fait pas mal de monde, aient tenté la même chose que  vous) en utilisant deux parfums au lieu d'un. En gros, vous dépenserez deux fois 70 euros, en moyenne, pour bénéficier de ce sillage enivrant et unique (avec les limites évoquées plus haut). Moi, j'ai de la chance, on me conseille de mixer mon Shal*m*r adoré avec un truc plus cheap d'Yves Roch*r, sûrement pour me punir d'être toujours accro au grand nom désormais marqué du sceau d'infâmie. D'ailleurs, ils n'ont pas dû le faire exprès à la rédaction, ils ont écrit que le mélange donnait un "mix très made in France"...

-qu'on ne parle plus de gilet oversize, encore moins de gilet long (pourquoi diable utiliser un bête mot simple et plein de sens?) mais de "coatigan". Si vous êtes Jennifer Aniston, que vous portez votre maille informe (mais "twistée" par ce néologisme) avec un jean et un tee-shirt, vous serez "so cool". Si vous faites partie du commun des mortels, vous serez...euh...banale? Si, en plus vous cumulez le handicap de la surcharge pondérale avec celui de l'anonymat (ce qui fait pas mal de monde, même chez les lectrices de ELLE) vous aurez l'air d'un sac.

- que l'autre Jennifer (Lopez) distinguée comme jamais avec sa bouche nacrée et sa robe courte à paillettes dorées, "parfait sa r'n'b credibility" avec deux bracelets assortis, mais qu'elle ne "surcharge pas" avec un collier...De là à clamer qu'elle serait la nouvelle prêtresse du bon goût et de la classe discrète, il n'y a qu'un pas, que personnellement je ne suis pas près de franchir...

-que Sarah Lavoine fait sa Valérie Damidot, mais version upper-class, forcément. Elle relooke donc un appartement parisien à grand renfort de couleurs issues de la gamme qu'elle a créée, bien sûr, on n'est jamais si bien servi que par soi-même. J'ai d'ailleurs compté pas moins de 6 coloris différents: soit c'est vraiment son truc de "casser" une tonalité avec une autre bande de couleur dans la même pièce, et on voit bien qu'elle n'est pas migraineuse, soit elle tenait à montrer toute l'étendue chromatique de sa peinture. Enfin je ne sais pas qui arriverait à fermer l'oeil dans la chambre qu'elle a "réchauffée", car entre le bleu dur des murs, le rose des draps, le turquoise du tapis et l'étrange imprimé des rideaux, j'en arriverais presque à demander à madame M6 d'intervenir pour recouvrir tout ça de gris et de prune, sans blague.

Avec tout ça, je n'ai même pas pris la peine de lire la critique littéraire et cinéma. Et après je vais me plaindre d'être prise pour une dinde...


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25 novembre 2010

En avoir ou pas

Oui, je sais, c'est mal! de délaisser ainsi son blog, et de ne me rappeler à votre bon souvenir qu'après deux bons mois...

Petite revue de détails depuis cette rentrée.

Moi, je vais bien, beaucoup mieux que l'an dernier à la même époque. Il n'empêche que novembre reste un mois "difficile" (je travaille dans l'éducnat, je suis donc habituée à manier les euphémismes qui ménagent la sensibilité des élèves et surtout celle des parents!)

La roue de la fortune, c'est bien son principe, laisse certains tranquilles tandis qu'elle en écrabouille d'autres sans vergogne. Malheureusement, les infortunés aplatis sont nombreux, je trouve, en ce moment, ou est-ce juste une vue de l'esprit?

Entre petites contrariétés, gros emmerdements et  vraies tragédies qui touchent des gens plus ou moins proches de ma connaissance, je me sens triste, désemparée (et je m'en veux de ma négligence car pour certains, je n'ai pas entretenu ce fil ténu mais si important de l'amitié).

Et pendant ce temps-là, je continue à prendre ma ligne de métro pour aller enseigner dans cet endroit que j'ai un jour étourdiment qualifié de paradisiaque...

Alors évidemment, je ne me suis pas retrouvée dans un établissement dit "sensible" (que j'aime ces euphémismes, décidément!), car de sensibilité, là-bas, il n'y a pas.

Ni littéraire, ni d'aucune sorte.

Les valeurs que je persiste désespérément et naïvement à brandir (goût de l'effort, respect, tolérance) devant un public adolescent déjà las et blasé, sont démodées. Ridicules.

Bien sûr, je ne peux pas dire que je vive un enfer, mais je me trouve confrontée à des situations que je ne peux pas résoudre, parce que je n'ai pas les codes, parce que je ne suis "qu'une prof". Que je sois une adulte n'y change rien. La notion de "supériorité hiérarchique" n'a pas cours, là-bas. Le seul pouvoir est celui que donne le confort social. Les seules valeurs érigées, en ce lieu de perdition pour la richesse de l'âme, sont le fric et l'apparence. je vous promets que ce n'est pas une caricature.

Les réflexions et les attitudes méprisantes auxquelles j'ai droit dans une de mes classes particulièrement,  me font l'effet d'autant de crachats jetés à la face du savoir et de la morale...

Franchement, certains me vomiraient dessus que ce serait pareil. 

Ce n'est évidemment pas moi personnellement qui suis visée, mais les gens comme moi. Les "non-nantis". Qu'ils soient enseignants, surveillants, personnel de ménage. 

Je préfère ne pas donner d'exemples trop concrets pour ne pas avoir l'air de tenir des propos diffamatoires, mais chaque jour m'apporte son lot de déconvenues, de déceptions. Chaque jour me fait me sentir un peu plus inutile, impuissante.

Allez, juste deux-trois réflexions toutes fraîches (prononcées par des élèves différents mais toujours dans la même classe, pour vous donner une idée de l'ambiance)

-N., qui n'a pas acheté son livre, qui baîlle ostensiblement, discute avec ses copains comme au café du coin, vient me voir à la fin de l'heure et siffle, avec une petite moue dégoûtée: "c'est quoi votre problème? c'est la courtoisie? AVEC VOUS?"

-L., qui se prend pour le nombril du monde, qui parle tout haut, tout le temps, très fort,  venant récupérer son carnet sur mon bureau: "mais j'ai fait des efforts, j'ai pas parlé TOUT LE TEMPS, y a des moments où j'ai rien dit, vous ne vous en êtes même pas rendu compte, TANT PIS POUR VOUS!"

-A., après avoir jeté un morceau de papier par terre, et après mon sermon et mes explications concernant les gens qui vont nettoyer derrière lui: "pour un malheureux bout de papier, c'est pas la peine que ça va leur donner de se pencher pour le ramasser!"

...

Ca se passe de commentaires, non?

Et des phrases comme ça, j'en ai dix par jour, au cours de la même heure, car je ne parle même pas des copains qui interviennent pour mettre leur grain de sel et les défendre.

Le tout généralement accompagné de haussements de sourcil interloqués, d'yeux au ciel, de soupirs d'ennui... Et dire que le deuxième trimestre commence à peine...

 


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