07 novembre 2009
America America
Alors oui, New-York c'est grand, c'est haut ("j'ai jamais rien vu d'aussi haut c'est hauuuut!") mais ce n'est bizarrement pas ce qui m'a le plus marquée...
Je m'imaginais voir des quartiers entiers de buildings de verre ultra-modernes, et ne pensais pas que tous les styles architecturaux puissent se superposer ainsi, de façon quasi-anarchique, sur un seul plan, donnant par là l'impression de traverser un siècle en un seul regard levé vers le ciel! Pour la nostalgique du temps passé que je suis, ça a été une vision magique!
Mais c'est la visite à Ellis Island, et plus particulièrement au magnifique musée de l'immigration qui me laissera le souvenir le plus ému. C'est admirablement reconstitué, c'est intelligent, c'est poignant...
La statue de la Liberté m'est apparue sous un jour nouveau, et j'ai pu ressentir ce qu'elle devait représenter pour ces millions de personnes fuyant leur pays pour un avenir meilleur...
J'ai à cette occasion découvert ce très beau poème d'Emma Lazarus, dont (honte à moi!) je n'avais jamais entendu parler, et vous laisse avec ces quelques vers, et le soin de les traduire par vous-mêmes :-)
The New Colossus
Not like the brazen giant of Greek fame
With conquering limbs astride from land to land;
Here at our sea-washed, sunset gates shall stand
A mighty woman with a torch, whose flame
Is the imprisoned lightning, and her name
Mother of Exiles. From her beacon-hand
Glows world-wide welcome; her mild eyes command
The air-bridged harbor that twin cities frame,
"Keep, ancient lands, your storied pomp!" cries she
With silent lips. "Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore,
Send these, the homeless, tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
by Emma Lazarus, New York City, 1883
sinon, je sais bien que vous attendez quelques photos...be patient, please!
Découvrez la playlist without buildings avec Japan
Edit du lendemain: cette râleuse de Pascale aura encore une fois eu raison de moi: je vous mets une trad! (la vérité c'est que moi-même j'aurais été bien en peine de comprendre quoi que ce soit si je n'avais pas eu la VF lors de ma visite audio :-D)
Le Nouveau Colosse
Pas comme ce géant d'airain de la renommée grecque,
Dont le talon conquérant enjambait les mers
Ici, battue par les flots, aux portes du soleil couchant se tiendra
Une femme puissante avec une torche, dont la flamme
Est la foudre emprisonnée, et son nom
Mère des exilés. De sa main qui est une balise
Rougeoie la bienvenue au monde entier ; son doux regard éclaire
Le port relié par des ponts suspendus qui encadre les cités jumelles.
"Garde, Vieux Monde, tes fastes d'un autre âge!" proclame-t-elle
De ses lèvres closes, "Donne moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libre,
Le rebut de tes rivages surpeuplés.
Envois-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d'or!"
25 octobre 2009
je pars...
S'il y a une chanson capable de me faire replonger dans mes souvenirs d'enfance, c'est bien celle-ci!
A l'époque, au mitan des années 70, je vivais un de mes premiers hivers parisiens, et je ne songeais qu'à retraverser l'Atlantique pour repartir en Afrique...
J'ai eu assez peu souvent l'occasion de reprendre l'avion depuis, mais l'émotion est la même à chaque fois. Si bien qu'il me semble que c'est bien dans ce morceau de métal volant que je me sens le plus chez moi, finalement :-)
Alors, aux plus jeunes d'entre vous, cette chanson semblera peut-être abominablement ringarde (c'est vrai que les trémolos dans la voix de Nicolas Peyrac sont un peu datés!), mais elle m'a tellement transportée et fait rêver, lorsque je l'entendais à la radio, à l'arrière de la Peugeot 504, que je ne peux que lui rendre un hommage aujourd'hui, à deux jours de mon départ à ...
NEW-YORK!!! *
*si vous vous attendiez à entendre du Téléphone (un jouur j'irai là-baaas), c'est bien mal me connaître, je déteste la voix de fausset de J-L Aubert.
09 octobre 2009
Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable
Mardi dernier, pour ma soirée d'anniversaire, monsieur kewpie m'a emmenée voir "La cage au folles"
Pas le film, hein, la pièce!
"Je te préviens tout de suite" m'a-t-il annoncé "c'est pas une soirée télérama".
Encore heureux! S'il croit qu'après une journée de cours émaillée de fabliaux du 13ème siècle, de schémas actantiels et de points de vue du narrateur, j'ai encore envie de me triturer les méninges et de prendre le RER pour aller voir une pièce avant-gardiste à Nanterre ou à Bobigny!
Surtout qu'il m'a offert l'intégralité des contes et nouvelles de Maupassant dans la Pléiade, donc pour la caution intellectuelle j'ai ce qu'il faut...
Là, c'est juste pour le plaisir d'être de mauvaise foi, car j'adore Maupassant (ah, je vous l'ai déjà dit?) d'ailleurs certains fidèles lecteurs de ce blog, qui ont eu la malchance de m'avoir pour professeur, pourraient vous le confirmer!
Bref, toujours est-il que j'étais tout à fait enchantée de me retrouver entourée de sexagénaires, dans ce petit théâtre de boulevard, à savourer l'accoutrement de Zaza (Bourdon )Moretto, mais mon cher et tendre, moins à l'aise que moi devant ce divertissement sans prétention, et sûrement plus intellectuel, m'a soufflé, à l'entracte: "mais je te rassure, ton cadeau, c'est pas ça, c'est un voyage à NEW-YORK!"
Une vraie surprise, qu'il a soigneusement organisée avec la complicité de mes parents, qui garderont les kewpies pendant les vacances de la toussaint.
Jusque là, tout va bien, it's all right (je m'entraîne)
Je dois juste vérifier que mon passeport est en cours de validité, car il paraît qu'il faut désormais un passeport biométrique.
Le lendemain, je passe un coup de fil à la mairie, no problem (je maîtrise!) mon passeport est en cours de validité, il a été émis avant 2005, il comporte 36 pages.
"Mais, me précise-t-on, vérifiez qu'il soit en bon état, que la photo ne se décolle pas, par exemple, car les douaniers américains sont assez tatillons" (en même temps je préfère qu'ils soient regardants plutôt que de commencer et de finir mon séjour par un looping sur tour)
Un coup d'oeil à ma photo...un coin se décolle bien un peu mais je ne vois pas comment on pourrait supposer que j'ai falsifié mon passeport, et puis, après tout, j'ai une bonne tête, non?
Le surlendemain, ça tombe bien, on dîne chez des amis qui travaillent à Air F...e et sont en charge du secteur Etats-Unis. Je montre mon passeport, le verdict tombe: "ah mais non là, Pascale, ça va pas être possible, ça passera jamais".
ok, no problem, it's all right...
Mardi, je montre mon passeport à la mairie, et, de nouveau, la sentence: "Il faut le faire refaire, il est trop abîmé" (mince alors, c'est de ma faute s'ils utilisent du papier merdique de piètre qualité?)
Je tente quand même ma chance: "Et si j'y vais malgré tout avec ce passeport?"
Air dubitatif du guichetier, qui tourne et retourne l'objet du délit:
"Au mieux, ils vous cuisinent pendant 3 heures, au pire ils vous refoulent à la frontière"
well, it would'nt be kind of them! But... ça a le mérite d'être clair!
Comme je n'ai pas trop envie de jouer les Tom Hanks dans The Terminal et de dormir à l'aéroport, je me renseigne sur les démarches, persuadée que, puisque mon passeport est encore valide, on m'épargnera les formalités d'usage (je suis très naïve, ou du moins, je crois toujours que les organismes administratifs peuvent faire les choses simplement. Je devrais savoir que c'est une utopie, ça fait 18 ans que j'ai affaire au rectorat à chaque mois de septembre!)
Que nenni! c'est comme d'habitude (donc 15 jours au minimum) et encore pire en ce qui me concerne au niveau des documents à fournir, car, comme je suis née à l'étranger, il faut que je passe par le tribunal administratif de Nantes pour obtenir un extrait d'acte de naissance; comme mon père est également né à l'étranger, (une vraie famille de métèques, je vous dis!) je dois fournir l'extrait d'acte de naissance de ma mère, née en France, pour justifier de ma nationalité française...c'est absurde, kafkaïen, ubuesque, tout ce que l'on veut mais c'est ainsi...
Le plus amusant, c'est que le monsieur de l'accueil, devant mon air désemparé, a tâché de me rassurer "au pire si votre nouveau passeport n'est pas prêt à temps vous avez l'actuel..."
Bien sûr, celui qui m'empêchera peut-être d'entrer sur le territoire américain! n'oublions pas que je n'avais AUCUN besoin de refaire mon passeport pour les 5 années à venir si ce n'etait précisément pour ce voyage-ci, en raison de la grande rigueur du gouvernement américain.
DONC, je ne vais sûrement pas prendre le risque de me pointer avec mon ancien (et néanmoins toujours valide!) passeport tout en ayant parallèlement déboursé 88 euros pour en avoir un autre qui m'attend sagement à la mairie pendant qu'on me torture questionne à la douane!
La providence s'est matérialisée sous les traits de ma maman (les mères font l'impossible, tout le monde sait ça) qui a absolument tous les papiers chez elle, "sous le coude" comme elle dit (et étant donné son sens du rangement et de l'organisation, ce n'est pas qu'une expression) .
Suite à mon appel désespéré, au bout de 5 mn elle les avait trouvés, le lendemain elle les postait.
Very good new, isn't it?
Mais vous savez quoi?
Il y a une grève de la Poste dans mon quartier!
Pour une durée illimitée.*
Vous connaissez un truc pour recoller discrètement une photo?
*Je suis habituellement toujours solidaire des fonctionnaires comme vouzémoi (bon d'accord, surtout comme moi) mais là étrangement pas du tout :-)
29 septembre 2009
Et le temps m'engloutit minute par minute...
Et bien voilà...
Le moment tant redouté est arrivé!
A vrai dire, en me levant ce matin, je n'ai rien noté de particulier, pas de ride ni de poche supplémentaires.
C'est juste que je n'arrive pas à y croire.
Quarante ans, moi?
Pourtant, mes 5 ans, c'était il y a un mois à peine, je m'en souviens encore! Je me suis écorché le genou en tombant sur un caillou, et ma mère et moi, on est allées boire une grenadine au bar de la plage pour me consoler. Même qu'il y avait deux glaçons dans mon verre.
Quelques temps plus tard, je me rappelle très bien être entrée dans ma chambre et avoir deviné instantanément, aux effluves de vétiver, que mon père venait d'y passer et de m'y déposer furtivement un cartable flambant neuf pour ma rentrée chez les grands, en primaire!
Et la fois où je me suis perdue dans les rues de Paris, à deux pâtés d'immeubles à peine de chez moi, c'était hier, non? j'avais 10 ans!
Des souvenirs comme ceux-là, j'en ai tellement, et ils sont si présents,
qu'une odeur, une image, une musique peuvent les faire ressurgir,
intacts, tout neufs, récents en somme.
"j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans" écrivait Baudelaire.
Moi aussi, mais ils sont si peu éloignés dans mon esprit qu'il me
semble que quelques années seulement se sont écoulées depuis ma première
chute à vélo sans les petites roues (j'avais foncé dans un buisson pour
m'arrêter...)
Bon, c'est pas tout ça, trêve de larmoiement et de mélancolie, on n'a pas tous les jours 20 ans fois 2, je vais me choisir un nouveau sac pour mon anniversaire!
21 septembre 2009
Signe
Pour "fêter" l'arrivée de l'automne, voici quelques vers, parmi mes favoris, de ce cher Apollinaire (bis repetita placent!)
Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne
Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs
Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c'est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol
Au passage je suis moi aussi "soumise au chef du signe de l'automne", et dès la semaine prochaine j'entamerai une nouvelle décennie, celle qui me fera définitivement quitter la trentaine et son lot de possibles. Snif!
11 septembre 2009
les Contes de la Bécasse
Fin du chapitre vacances, puisque l'école a repris pour moi depuis plus d'une semaine, et que je n'ai même pas jugé bon de faire un post pour l'occasion!
Je savoure le confort de me retrouver dans le même collège que l'an dernier, et de ne pas vivre le combat éprouvant des premiers jours où:
-on ne connaît pas les collègues (qui vous montrent leur supériorité en la matière-élèves avec des "ah ma pauvre, tu as la 5ème truc, tu verras ils sont teeerrrrribles, l'an dernier ils nous en ont fait voir de toutes les couleurs on a fait au moins trois conseils de discipline" ou à l'inverse, avec le tout aussi stressant "ah quelle chance, tu es la prof principale des 3ème bidule, tu verras ils ont un super niveau il faut vraiment être à la hauteur, surtout que les parents sont très présents et très exigeants")
-on ne connaît pas les élèves, on ne connaît pas le bâtiment, en clair on est à côté de la plaque. Je vous épargne les détails des ricanements intempestifs dès que vous écorchez un nom ou vous trompez de couloir pour aller rejoindre votre salle de classe, baladant derrière vous 30 gamins ravis de perdre 5 mn de cours et de vous faire tourner en bourrique ("mais non m'dame j'vous jure pour aller en salle 204 faut pas passer par là mais par le couloir de la cantine!")
-on ne connaît pas l'administration, on ne sait pas qui gère quoi, où est la photocopie, quel est le code de la photocopieuse, pourquoi la photocopieuse n'accepte pas votre code, pourquoi la documentaliste n'a pas d'exemplaire de manuel scolaire à vous donner (mais y en a peut-être dans l'armoire de français de vos collègues) pourquoi vous n'avez pas la clef de ladite armoire sur votre trousseau...
Bref, autant de menus plaisirs qui vous donnent des sueurs froides à chaque nouvel imprévu...
Fini tout ça!
A moi l'aisance de saluer mes anciens élèves dans les couloirs!
Le plaisir d'arriver à l'heure dans ma salle de classe, et d'épater mes élèves avec le tour de main qui me fait ouvrir sans difficulté la porte pourtant récalcitrante de la salle 202!
Le luxe d'arriver quasiment les mains dans les poches pour pouvoir récupérer MES manuels dans MON casier...
De ce fait, la reprise s'est faite quasiment sans encombres.
Pas vraiment d'événements comiques ou navrants à vous relater pour le moment.
Quoique.
Il s'est bien passé un truc.
Comique et navrant à la fois.
Pour le coup, c'est moi l'auteur de la malheureuse boulette.
Hier, cours avec la 4ème-on-verra-plus-tard-comment-je-la-surnomme, dont je suis professeur principal, et composée essentiellement d'élèves d'origine maghrébine puisqu'il s'agit d'une section internationale arabe.
J'emprunte un manuel à un élève, appelons-le Très Sérieux.
J'oublie évidemment de le lui rendre en fin de cours (à la fin de l'année, je trouve dans ma trousse toutes sortes de stylos, gommes, crayons... que, telle une pie voleuse, j'ai pris à des élèves et que j'ai omis de restituer; je sais c'est mal mais je ne le fais même pas exprès!)
Sachant que je les retrouve de nouveau en cours en début d'après-midi, je ne m'inquiète pas trop.
A 14h30, Très-Sérieux déboule affolé:
"Madame, je peux demander aux élèves qui a pris mon manuel de français? je ne le retrouve plus!
moi: je suis navrée, c'est moi qui l'ai gardé, j'espère que tu ne t'es pas fait trop de souci?
lui, soulagé: ben si, j'ai cru l'avoir perdu!
moi, badine: oh, à ce point? j'espère que ça ne t'a pas coupé l'appétit à la cantine!
lui, perplexe: ben non madame, je fais le Ramadan..."
...
C'est cela oui.
Autant pour moi!
C'est peut-être parce que lui ne portait pas ce fameux tee-shirt qui fait actuellement fureur dans nos classes:

03 septembre 2009
tag für tag
Elle veut une mosaïque de bleu...je suis très en retard, mais je relève le défi tout de même, parce qu'elle le vaut bien!
Alors pour ne pas briser la thématique berlinoise, je ne soumettrai que le bleu de cette capitale, avec les moyens du bord...
" l'heure bleue" ( ou la superbe vue dont nous bénéficiions depuis le balcon de l'appartement)
"les mots bleus" (beaucoup d'expression sur les murs)
"blue sisters" ( un fauteuil pour deux)
"clear blue water" (ou la douceur de vivre à l'allemande, on enlève ses vêtements et hop!)
On en profite, aujourd'hui c'est la rentrée et la grisaille approche!
02 septembre 2009
Xmal Deutschland
encore Berlin...
28 août 2009
The stone diaries
Pour commencer, beaucoup de façades. Certaines, pimpantes, fraîchement replâtrées et repeintes, côtoient les vestiges d'une époque révolue...
...Demain, ou dans quelques jours, la suite de mes impressions berlinoises!
15 août 2009
changement de décor
Après avoir pensé ne plus bouger pour le reste des vacances, nous repartons vers des horizons opposés à ceux de l'Allemagne: une petite semaine en Dordogne, ce qui ne me laisse que le temps de vous dire: "A plus tard", et à mon retour, c'est promis-juré-craché (beûrk), je mets quelques photos pour égayer ce blog devenu bien minimaliste! (oui, Pascale, je sais, ne m'accable pas!)





































